Sorti en 2002 et réalisé par Kurt Wimmer, Equilibrium est un film de science-fiction porté à l'écran par Christian Bale.
Surfant sur la vague de la Matrix-mania, ce long-métrage reprenant bon nombre de thèmes chers à la S.F. classique nous embarque dans un futur pas si loin que ça et dont le seul mot d'ordre est "Paix".
Synopsis
Après une troisième guerre mondiale meurtrière, le gouvernement de Libria cherche la cause de ce qui est tellement inhumain chez l'être humain et en vient à conclure que les sentiments sont responsables des pires atrocités commises par l'Homme envers ses semblables.
Le Père, chef spirituel et politique de Libria, décide de mettre au point un remède à ce mal : le Prozium. Ce composé chimique inhibe tout sentiment et permet ainsi de faire disparaitre la haine, la colère, la souffrance, mais également la joie ou l'amour.
Afin de préserver cette paix, une unité d'élite, le Tetra Grammaton, est formée. Ses membres, les ecclésiastes Grammaton, sont chargés d'éliminer la menace que représente les Transgresseurs, communauté refusant de prendre du Prozium. Possesseurs d'une technique de combat des plus efficaces, le kata-armé, les ecclésiastes sont des adversaires redoutables.
Malgré sa foie et son talent, le plus gradé des ecclésiastes, John Preston, va découvrir que le système qu'il sert est plein de failles et de privations après avoir malencontreusement brisé sa capsule de Prozium. Sa remise en question va l'amener à voir le monde dans lequel il vit d'une manière différente.
Analyse
Bien que le succès du film ne fut pas au rendez-vous lors de sa sortie en salle, aujourd'hui Equilibrium est considéré comme un film culte par de nombreux fans de science-fiction et a connu un grand succès lors de sa sortie en DVD.
Il faut dire qu'à la même période, au cinéma, paraissaient les deux derniers volets de la trilogie Matrix (oui oui les deux qu'on se demande pourquoi qu'ils existent). Face à un tel concurrent et avec une accroche quelque peu risquée ("forget the Matrix"), le film de Kurt Wimmer aurait pu tomber dans les oubliettes.
Néanmoins, malgré quelques erreurs techniques et scénaristiques, le résultat final est plus que satisfaisant, compte tenu du faible budget mis à la disposition d'un film de cette envergure.
L'histoire, bien qu'assez classique pour une œuvre de science-fiction et s'inspirant de grands récits de SF, est traitée de manière convaincante, même si parfois on pourrait souhaiter que certains points soient davantage approfondis.
Cependant le côté action du film reste son principal point fort et la mise au point du "Gun-Kata", art martial mêlant techniques de corps à corps et d'armes à feu, y est pour quelque chose. C'est le chorégraphe Jim Wickers qui en est à l'origine, et ce système de combat donne un caractère certain au film. Du coup à côté le bullet-time de Matrix ne semble plus tellement impressionnant.
L'autre point essentiel qui fait de ce long-métrage un bon film est le jeu sans fautes de Christian Bale. Loin de ses dernières interprétations plus médiocres, il nous livre ici un très bon personnage dont la froideur déshumanisée est aussi convaincante que son aspect plus sensible. La scène dans le palais de justice en est une très bonne illustration, chaque détail du visage marquant l'état d'esprit du personnage. Bale est criant de vérité dans son rôle, celui d'un homme qui découvre le monde tel qu'il est vraiment.
Mention spéciale à Sean Bean qui malgré une courte apparition nous montre une nouvelle fois son talent et sa sensibilité tout en pudeur. En plus dans ce film il garde sa bonne habitude qui est de censuré.
"Mais tu sais, je suis pauvre et je n'ai que mes rêves. J'ai déposé mes rêves sous tes pieds. Marche doucement, car tu marches sur mes rêves."
Pour ce qui est de Taye Diggs, troisième rôle du film, j'ai eu envie de le claquer dès sa première apparition, jusqu'à sa dernière. J'imagine que c'est le personnage qui veut ça, puisqu'il est difficile de ne pas adopter le point de vu de celui de Bale.
Très bonne surprise également pour l'interprète du fils de Preston, qui malgré son jeune âge m'a fait presque peur, tellement il semble pire que son paternel. Sans compter le petit retournement sympa et inattendu qu'il nous offre à la fin.
Du point de vue du scénario, Equilibrium traite de sujets largement utilisés dans la S.F. et ainsi la liberté est au centre du film.
Libria jouit/souffre d'une propagande de masse et une partie de la population lutte pour avoir le droit de retrouver son individualité. Le point intéressant du film, c'est que la lutte ici n'est pas réellement politique à proprement parlé. Si l'on se bat c'est pour avoir le droit d'éprouver des sentiments et de vivre comme un être humain normal.
Les conséquences du Prozium sont en effet assez dramatiques au niveau de nos sentiments comme le montrent certaines scènes du film et le bénéfice (plus aucunes guerres, etc) semble insignifiant par rapport à la perte des émotions et aux conséquences qui en découlent.
En ce sens, la fin du film est bien menée également car la violence a disparu à Libria en même temps que les sentiments et l'on voit clairement le résultat final.
Autre point intéressant du film : cet aspect de la violence. Les sentiments sont prohibés car ils se composent de colère et de haine, ce qui amène à la violence. Hors avec le Prozium tout ceci est censé disparaitre.
Cependant la police ainsi que les ecclésiastes Grammaton font preuve d'une grande violence, notamment dans l'utilisation du kata-armé qui combine armes létales et coups mortels. Privés de sentiments, ces hommes peuvent tuer les transgresseurs (même de sang froid, par exécutions sommaires) sans se poser de questions et sans remords.
Néanmoins l'on remarque clairement qu'après avoir arrêté de prendre du Prozium, Preston est incapable de tuer de sang froid, pas même un simple animal. Il fait preuve d'empathie sans raison apparente, ce dont il était incapable auparavant.
Les sentiments ici permettent de montrer le côté bon de l'être humain, coté qui disparait en même temps que le mauvais avec le Prozium.
Finalement Equilibrium témoigne de la nature humaine qui se compose du plus beau comme du plus laid, et du meilleur comme du pire. Cette dualité souffrant d'un manichéisme certain semble ne pas pouvoir être rompue et dans le fond, retirer à l'homme ses sentiments, c'est le priver de la seule part de lumière qui peut exister en lui. Sans compter que le tout se nuance et que la plupart ne sont ni bons ni mauvais, et que cela crée un certain équilibre.
Autre aspect qui peut être intéressant : l'utilisation des miroirs dans le film. Il suffit de voir l'impact qu'ils ont sur Preston, lorsqu'il se voit dedans à plusieurs reprises.
Pour conclure, Equilibrium est un très bon film de science-fiction malgré quelques erreurs. Le jeu des acteurs est excellent, les références artistiques du film bien choisies (bien que pas forcément originales) et la bande originale accompagne très bien les scènes du long-métrage.
On aurait aimé que l'ensemble soit plus étoffé et peut-être moins simpliste à certains moments, mais encore une fois le budget y est sans doute pour quelque chose, et ce film montre qu'avec peu, on peut faire aussi bien, voire mieux, qu'avec beaucoup (oui oui je pense aux deux derniers Matrix xD).
OST - End Credits
jeudi 3 novembre 2011
Shutter Island
Dernière collaboration en date entre Scorsese et DiCaprio, Shutter Island est l'adaptation du roman de Denis Lehane à qui l'on devait déjà l'œuvre original qui a donné naissance au Mystic River de Clint Eastwood, et encore une fois l'un de ses romans a donné lieu à une très belle adaptation cinématographique.
Synopsis
1954. Les U.S. Marshalls Teddy Daniels et Chuck Aule sont envoyés sur une île abritant un hôpital psychiatrique au large de Boston. Ils doivent en effet enquêter sur l'étrange disparition d'une patiente.
Rapidement les deux policiers se heurtent aux médecins de l'hôpital, dont la collaboration semble plus que moyenne. Obligés de mener leur enquête parmi une population "dérangée" et dans un climat d'enfermement, les deux hommes se lancent dans une quête bien difficile. D'autant plus que Teddy Daniels semble avoir accepté cette enquête pour des raisons plus personnelles.
Au rythme que le temps passe sur Shutter Island, la frontière entre raison et folie, rêve et réalité, réel et imaginaire se fait de plus en plus mince, et le marshall Daniels pourrait bien plonger dans son inconscient pour découvrir des aspects de lui-même qu'il ignore ou qu'il a perdu de vu.
Analyse
Et de quatre. Après les précédents succès de la collaboration entre le metteur en scène et l'acteur, on pouvait s'attendre a un très bon film, et nous ne sommes pas déçus. Shutter Island est un très bon film du genre qui nous plonge dans les méandres de la folie et de l'incertitude.
Tout d'abord le thème de la psychiatrie est très bien exploité et le contexte correctement replacé dans son époque d'origine.
Bien que je n'ai pas lu le livre, d'après les échos que j'ai pu en avoir, l'adaptation est fidèle et semble conserver le plus possible la trame narrative de départ, ce qui inclut donc qu'une bonne partie du travail a été faite par le romancier.
Néanmoins le film jouit d'une très bonne réalisation et d'un jeu d'acteur dont le niveau dépasse nos espérances.
Une fois encore Leonardo DiCaprio s'accapare un personnage complexe et tourmenté (à l'instar de Howard Hugues dans Aviator) et sa prestation semble parfaite.
Ainsi la richesse du personnage de Teddy Daniels, sa vie, ses sentiments, ses rêves, ses douleurs et ses tourments, sont présents tout au long du film, et le fil sur lequel il marche, et qui sépare le monde du réels et de l'imaginaire, montre clairement l'évolution du personnage durant le déroulement de l'histoire.
Si la qualité du jeu de DiCaprio ne subira aucune critique de ma part, il en est de même pour celle des autres acteurs, et principalement pour Ben Kinglsey d'ailleurs qui nous offre un médecin ambigu et qui embrume notre jugement.
A ce sujet le film, prenant son point de vu chez le Marshall Daniels, nous offre une vision beaucoup plus trouble des évènements.
Ceci est renforcé par le rôle de Mark Ruffalo comme on peut le voir à la fin. Sa participation est dans le ton, toute en nuance, pour ne rien gâcher de la fin du film. Il s'en tire très bien dans le rôle du collègue à la fois concerné mais plus réservé, plus difficile à cerner.
Car finalement et c'est là que le film m'a laissé perplexe, c'est que son twist, n'a rien d'original en soit. On peut s'y attendre facilement, et pourtant le travail de Scorsese est tel (cf. la discussion dans le block C.) ; DiCaprio semble tellement sincère et convaincant que les pistes sont suffisamment brouillées pour que le retournement de situation ait lieu malgré tout. Cependant, cela se fait tellement petit à petit, que l'on ne peut pas vraiment parler de twist ending. Néanmoins je m'attendais à une autre genre de fin et même si celle-ci ne m'a pas surpris plus que ça, j'ai vraiment aimé la façon dont on nous y conduit.
Le thème de la raison et de la folie, la fine frontière séparant les deux est tellement bien exploitée que cela fait vraiment la force du film, et que ce qui semblait n'être au départ qu'une simple enquête policière s'oriente vers une problématique beaucoup plus riche et complexe, et nous entraine finalement dans les frontières plus reculées de la raison, de la folie, du conscient, et de l'inconscient.
En dehors de tout cela, le film qui alterne souvenirs, rêves et réalités (le tout embrouillant davantage les pauvres spectateurs que nous sommes) nous offre de très belles scènes. J'ai en mémoire le premier rêve de Teddy Daniels, et la scène est vraiment magnifique. Inutile de gâcher le plaisir pour ceux qui n'ont pas vu le film, et j'espère que ceux qui l'ont vu me comprendront, mais la poétique de cette scène est tout simplement magnifique.
Soulignons également la bande son qui renforce tous ces nombreux aspects et qui possède des morceaux magnifiques. A noter qu’aucun compositeur en particulier n'aura été chargé de la composer.
Pour conclure, une très bonne adaptation, de très bons acteurs, une très bonne musique pour un très bon film, qui exploite très bien son sujet, sans trop en faire, avec une certaine pudeur et un réalisme prenant, jusqu'au bout, jusqu'à la dernière scène, dont la fatalité ne laisse pas indifférent. A noter que le dernier petit retournement du film, tenant dans la dernière réplique de DiCaprio rend le tout encore plus touchant et percutant.
OST - The Nature of Daylight
OST : Quartet for Piano and Strings in A Minor (1/2)
OST : Quartet for Piano and Strings in A Minor (2/2)
Synopsis
1954. Les U.S. Marshalls Teddy Daniels et Chuck Aule sont envoyés sur une île abritant un hôpital psychiatrique au large de Boston. Ils doivent en effet enquêter sur l'étrange disparition d'une patiente.
Rapidement les deux policiers se heurtent aux médecins de l'hôpital, dont la collaboration semble plus que moyenne. Obligés de mener leur enquête parmi une population "dérangée" et dans un climat d'enfermement, les deux hommes se lancent dans une quête bien difficile. D'autant plus que Teddy Daniels semble avoir accepté cette enquête pour des raisons plus personnelles.
Au rythme que le temps passe sur Shutter Island, la frontière entre raison et folie, rêve et réalité, réel et imaginaire se fait de plus en plus mince, et le marshall Daniels pourrait bien plonger dans son inconscient pour découvrir des aspects de lui-même qu'il ignore ou qu'il a perdu de vu.
Analyse
Et de quatre. Après les précédents succès de la collaboration entre le metteur en scène et l'acteur, on pouvait s'attendre a un très bon film, et nous ne sommes pas déçus. Shutter Island est un très bon film du genre qui nous plonge dans les méandres de la folie et de l'incertitude.
Tout d'abord le thème de la psychiatrie est très bien exploité et le contexte correctement replacé dans son époque d'origine.
Bien que je n'ai pas lu le livre, d'après les échos que j'ai pu en avoir, l'adaptation est fidèle et semble conserver le plus possible la trame narrative de départ, ce qui inclut donc qu'une bonne partie du travail a été faite par le romancier.
Néanmoins le film jouit d'une très bonne réalisation et d'un jeu d'acteur dont le niveau dépasse nos espérances.
Une fois encore Leonardo DiCaprio s'accapare un personnage complexe et tourmenté (à l'instar de Howard Hugues dans Aviator) et sa prestation semble parfaite.
Ainsi la richesse du personnage de Teddy Daniels, sa vie, ses sentiments, ses rêves, ses douleurs et ses tourments, sont présents tout au long du film, et le fil sur lequel il marche, et qui sépare le monde du réels et de l'imaginaire, montre clairement l'évolution du personnage durant le déroulement de l'histoire.
Si la qualité du jeu de DiCaprio ne subira aucune critique de ma part, il en est de même pour celle des autres acteurs, et principalement pour Ben Kinglsey d'ailleurs qui nous offre un médecin ambigu et qui embrume notre jugement.
A ce sujet le film, prenant son point de vu chez le Marshall Daniels, nous offre une vision beaucoup plus trouble des évènements.
Ceci est renforcé par le rôle de Mark Ruffalo comme on peut le voir à la fin. Sa participation est dans le ton, toute en nuance, pour ne rien gâcher de la fin du film. Il s'en tire très bien dans le rôle du collègue à la fois concerné mais plus réservé, plus difficile à cerner.
Car finalement et c'est là que le film m'a laissé perplexe, c'est que son twist, n'a rien d'original en soit. On peut s'y attendre facilement, et pourtant le travail de Scorsese est tel (cf. la discussion dans le block C.) ; DiCaprio semble tellement sincère et convaincant que les pistes sont suffisamment brouillées pour que le retournement de situation ait lieu malgré tout. Cependant, cela se fait tellement petit à petit, que l'on ne peut pas vraiment parler de twist ending. Néanmoins je m'attendais à une autre genre de fin et même si celle-ci ne m'a pas surpris plus que ça, j'ai vraiment aimé la façon dont on nous y conduit.
Le thème de la raison et de la folie, la fine frontière séparant les deux est tellement bien exploitée que cela fait vraiment la force du film, et que ce qui semblait n'être au départ qu'une simple enquête policière s'oriente vers une problématique beaucoup plus riche et complexe, et nous entraine finalement dans les frontières plus reculées de la raison, de la folie, du conscient, et de l'inconscient.
En dehors de tout cela, le film qui alterne souvenirs, rêves et réalités (le tout embrouillant davantage les pauvres spectateurs que nous sommes) nous offre de très belles scènes. J'ai en mémoire le premier rêve de Teddy Daniels, et la scène est vraiment magnifique. Inutile de gâcher le plaisir pour ceux qui n'ont pas vu le film, et j'espère que ceux qui l'ont vu me comprendront, mais la poétique de cette scène est tout simplement magnifique.
Soulignons également la bande son qui renforce tous ces nombreux aspects et qui possède des morceaux magnifiques. A noter qu’aucun compositeur en particulier n'aura été chargé de la composer.
Pour conclure, une très bonne adaptation, de très bons acteurs, une très bonne musique pour un très bon film, qui exploite très bien son sujet, sans trop en faire, avec une certaine pudeur et un réalisme prenant, jusqu'au bout, jusqu'à la dernière scène, dont la fatalité ne laisse pas indifférent. A noter que le dernier petit retournement du film, tenant dans la dernière réplique de DiCaprio rend le tout encore plus touchant et percutant.
OST - The Nature of Daylight
OST : Quartet for Piano and Strings in A Minor (1/2)
OST : Quartet for Piano and Strings in A Minor (2/2)
The Fountain de Darren Aronofsky
Film réalisé par Darren Aronofsky sorti en 2006, The Fountain nous offre un spectacle poétique porté à l'écran par le duo Hugh Jackman et Rachel Weisz.
Synopsis
The Fountain retrace la vie d'un homme dans trois époques différentes et qui semblent pourtant étroitement liées. Ainsi que ce soit Tomas dans l'Espagne des Conquistador, Tommy un médecin dans notre présent, ou Tom, sorte d'astronaute dans un futur stellaire au 26ème siècle, chacun tente de sauver la vie de "quelqu'un" qu'il aime.
Les trois histoires racontent finalement une histoire semblable et mettent en scène les mêmes personnages, dans une évolution différente.
Analyse
Darren Aronofsky, s'éloignant de ses premiers longs-métrages nous offre un film au lyrisme inattendu, un poème à la fois tendre, brutal et désespéré dans lequel se mêlent amour, vie et mort, qui forment finalement un seul bloc uni.
Si le scénario du film en lui-même garde un aspect assez simple, l'opposition entre ces trois thèmes et la manière dont elle est traitée, lui confère une force tout à fait significative, et les trois histoires permettent de mettre en avant l'évolution de cette opposition, ainsi que la façon de voir les choses des trois personnages.
A travers ces trois époques, le personnage de Hugh Jackman doit faire face à la mort, et tente de la vaincre afin de garder auprès de lui l'être qu'il aime. Cependant, tout au long du film, et à travers le déroulement des différentes histoires, le vrai combat de son personnage est l'acceptation de la mort, sa transcendance, afin de voir ce qu'il y a derrière, après, et de pouvoir jouir de la vrai valeure de la vie (comme l'apprendra à ses dépends, Tommy, le médecin de notre époque.)
Hugh Jackman déploie donc une énergie incroyable à donner vie à ses trois personnages qui veulent combattre ce qui ne peut être combattu, et offrir un aspect immortel à ce qui ne peut l'être. L'acteur entièrement investi dans son rôle incarne ses personnages à la perfection, et plus encore, sa relation dans le film avec Rachel Weisz jouit d'un réalisme qui permet de comprendre son combat, et son refus d'accepter l'inacceptable.
Rachel Weisz quant à elle, ne joue que deux personnages sur les trois histoires. Elle est plus apaisée et plus réaliste que son partenaire, et accepte son destin, malgré la peur qui la tenaille. Elle se consacre à l'écriture d'un livre, livre dont le contenu est son histoire en quelque sorte, mais vu d'une manière différente. Le combat d'un homme pour sauver sa Reine. Bien qu'élément secondaire, ce livre qu'elle écrit permet de rapprocher les trois univers du film et de les unifier en un seul.
The Fountain reprend un mythe très ancien afin de servir son propos : celui de la fontaine de Jouvence, de la Vie et de la Jeunesse Éternelle, et il traite ceci de manière différente dans les trois histoires, chacune d'elle ayant sa propre fontaine de jouvence appropriée à la situation. Cependant si ceci représente la quête absolue des trois personnages de Hugh Jackman, elle n'est pas l'élément de finalité du film, qui reste l'amour et la vie, avec et malgré, la présence de la mort. Profiter du temps qui nous est imparti. D'ailleurs on peut rapprocher un de ces trois thèmes à chaque histoire, selon la vision que l'on a du film.
En plus de ces thèmes poétiques, Darren Aronofsky, nous offre un film au visuel magnifique, tout aussi poétique, et notamment dans l'histoire de Tom, "l'astronaute" du futur. On pourrait presque parler de poésie visuelle, tellement les images et les effets spéciaux sont sublimes. Que ce soit la forêt dense d'Amérique Centrale, le paysage enneigé de notre présent, et le décor stellaire du futur, le réalisateur a su trouver les bonnes images pour servir son film et en renforcer l'émerveillement qu'il produit.
De plus, peu d'images de synthèse furent utilisées pour réaliser les scènes stellaires. Ironie amusante de la chose, ce sont en réalité des photographies de réactions chimiques se déroulant dans un espace pas plus grand qu'un timbre poste qui permirent de créer ces images de l'infiniment grand au réalisme pourtant poussé.
Pour le reste, Aronofsky a souhaité conserver des costumes assez simples pour son film, en particulier pour la partie présentant la vision futur. Même s'il est catalogué comme tel, **The Fountain** n'est pas un film de science-fiction à proprement parler, et son essence ne réside pas là-dedans. Comme le réalisateur le dira lui-même, les effets-spéciaux servent à soutenir le film, mais son cœur est ailleurs.
Et il le montre très bien avec sa mise en scène soignée et ses personnages attachants et tourmentés.
Autre point essentiel de the Fountain : la musique. Afin de servir un film au visuel et à l'histoire tellement magnifique, il fallait une musique tout autant magnifique pour porter tout cela, et c'est une nouvelle fois Clint Mansell, collaborateur récurant du réalisateur qui écrira une musique évolutive, pour le film durant la production d'ailleurs, et non en post-production.
Ainsi celle-ci conservant un même thème de départ évolue avec le personnage principal, tantôt calme et douce, tantôt puissante et saisissante. Comme le dira Mansell, il a écrit la musique un peu comme une symphonie en trois ou quatre mouvements afin de conserver cette idée d'évolution. La musique retranscrit parfaitement l'ambiance et l'évolution des trois personnages, et colle aux scènes auxquelles elle se rapporte à un tel point qu'elle les magnifie. A noter également la participation des groupes Mogwai et Kronos Quartet dans la réalisation de la bande original du film.
Ainsi donc, en centrant son film sur la poésie des thèmes abordés, Aronofsky nous offre un grand spectacle, parfois lent, et peut-être long, mais qui reste tout simplement époustouflant dans sa photographie et son aspect visuel presque aussi essentiel que l'histoire elle-même. The Fountain est avant tout un ensemble d'éléments indissociables : la musique, l'histoire, le visuel, les acteurs eux-mêmes. Tout s'ajuste à la perfection pour faire de ce film un film à part.
Et dire qu'au départ les rôles principaux devait être tenus par Brad Pitt et Cate Blanchett. Je doute que le résultat aurait pu être aussi parfait. Surtout lorsque l'on voit ce genre de scène. Émouvant, poignant et d'un réalisme tel, qu'on se demande comment il a fait pour aller jusqu'à en oublier la présence de la caméra.
Dans une interview Jackman expliquait que durant ses tournages, sa famille l'accompagnait toujours car il ne supportait pas son absence. Pour the Fountain il fit une exception à cause du défi émotionnel que représentait ces rôles, afin de mieux se mettre dans la peau du personnage, et comme il l'avouera lui-même, cette absence renforcera sa sensibilité durant le tournage.
Pour conclure The Fountain est une œuvre à part, une poésie emprunte de lyrisme et à laquelle la quête du "héros" confère un aspect épique. Mais c'est également une histoire intimiste (très peu de personnages finalement) dont la portée métaphysique touche tous les publics. The Fountain est un film qui attire sans que l'on comprenne forcément pourquoi. Un voyage mystique à travers nos sentiments et nos craintes universelles.
A noter que parallèlement le film est sorti en BD également, afin d'élargir le public et les supports.
OST - Dead is the Road to Awe
OST - Together We Will Live Forever
Stay with Me
Xibalba
Synopsis
The Fountain retrace la vie d'un homme dans trois époques différentes et qui semblent pourtant étroitement liées. Ainsi que ce soit Tomas dans l'Espagne des Conquistador, Tommy un médecin dans notre présent, ou Tom, sorte d'astronaute dans un futur stellaire au 26ème siècle, chacun tente de sauver la vie de "quelqu'un" qu'il aime.
Les trois histoires racontent finalement une histoire semblable et mettent en scène les mêmes personnages, dans une évolution différente.
Analyse
Darren Aronofsky, s'éloignant de ses premiers longs-métrages nous offre un film au lyrisme inattendu, un poème à la fois tendre, brutal et désespéré dans lequel se mêlent amour, vie et mort, qui forment finalement un seul bloc uni.
Si le scénario du film en lui-même garde un aspect assez simple, l'opposition entre ces trois thèmes et la manière dont elle est traitée, lui confère une force tout à fait significative, et les trois histoires permettent de mettre en avant l'évolution de cette opposition, ainsi que la façon de voir les choses des trois personnages.
A travers ces trois époques, le personnage de Hugh Jackman doit faire face à la mort, et tente de la vaincre afin de garder auprès de lui l'être qu'il aime. Cependant, tout au long du film, et à travers le déroulement des différentes histoires, le vrai combat de son personnage est l'acceptation de la mort, sa transcendance, afin de voir ce qu'il y a derrière, après, et de pouvoir jouir de la vrai valeure de la vie (comme l'apprendra à ses dépends, Tommy, le médecin de notre époque.)
Hugh Jackman déploie donc une énergie incroyable à donner vie à ses trois personnages qui veulent combattre ce qui ne peut être combattu, et offrir un aspect immortel à ce qui ne peut l'être. L'acteur entièrement investi dans son rôle incarne ses personnages à la perfection, et plus encore, sa relation dans le film avec Rachel Weisz jouit d'un réalisme qui permet de comprendre son combat, et son refus d'accepter l'inacceptable.
Rachel Weisz quant à elle, ne joue que deux personnages sur les trois histoires. Elle est plus apaisée et plus réaliste que son partenaire, et accepte son destin, malgré la peur qui la tenaille. Elle se consacre à l'écriture d'un livre, livre dont le contenu est son histoire en quelque sorte, mais vu d'une manière différente. Le combat d'un homme pour sauver sa Reine. Bien qu'élément secondaire, ce livre qu'elle écrit permet de rapprocher les trois univers du film et de les unifier en un seul.
The Fountain reprend un mythe très ancien afin de servir son propos : celui de la fontaine de Jouvence, de la Vie et de la Jeunesse Éternelle, et il traite ceci de manière différente dans les trois histoires, chacune d'elle ayant sa propre fontaine de jouvence appropriée à la situation. Cependant si ceci représente la quête absolue des trois personnages de Hugh Jackman, elle n'est pas l'élément de finalité du film, qui reste l'amour et la vie, avec et malgré, la présence de la mort. Profiter du temps qui nous est imparti. D'ailleurs on peut rapprocher un de ces trois thèmes à chaque histoire, selon la vision que l'on a du film.
En plus de ces thèmes poétiques, Darren Aronofsky, nous offre un film au visuel magnifique, tout aussi poétique, et notamment dans l'histoire de Tom, "l'astronaute" du futur. On pourrait presque parler de poésie visuelle, tellement les images et les effets spéciaux sont sublimes. Que ce soit la forêt dense d'Amérique Centrale, le paysage enneigé de notre présent, et le décor stellaire du futur, le réalisateur a su trouver les bonnes images pour servir son film et en renforcer l'émerveillement qu'il produit.
De plus, peu d'images de synthèse furent utilisées pour réaliser les scènes stellaires. Ironie amusante de la chose, ce sont en réalité des photographies de réactions chimiques se déroulant dans un espace pas plus grand qu'un timbre poste qui permirent de créer ces images de l'infiniment grand au réalisme pourtant poussé.
Pour le reste, Aronofsky a souhaité conserver des costumes assez simples pour son film, en particulier pour la partie présentant la vision futur. Même s'il est catalogué comme tel, **The Fountain** n'est pas un film de science-fiction à proprement parler, et son essence ne réside pas là-dedans. Comme le réalisateur le dira lui-même, les effets-spéciaux servent à soutenir le film, mais son cœur est ailleurs.
Et il le montre très bien avec sa mise en scène soignée et ses personnages attachants et tourmentés.
Autre point essentiel de the Fountain : la musique. Afin de servir un film au visuel et à l'histoire tellement magnifique, il fallait une musique tout autant magnifique pour porter tout cela, et c'est une nouvelle fois Clint Mansell, collaborateur récurant du réalisateur qui écrira une musique évolutive, pour le film durant la production d'ailleurs, et non en post-production.
Ainsi celle-ci conservant un même thème de départ évolue avec le personnage principal, tantôt calme et douce, tantôt puissante et saisissante. Comme le dira Mansell, il a écrit la musique un peu comme une symphonie en trois ou quatre mouvements afin de conserver cette idée d'évolution. La musique retranscrit parfaitement l'ambiance et l'évolution des trois personnages, et colle aux scènes auxquelles elle se rapporte à un tel point qu'elle les magnifie. A noter également la participation des groupes Mogwai et Kronos Quartet dans la réalisation de la bande original du film.
Ainsi donc, en centrant son film sur la poésie des thèmes abordés, Aronofsky nous offre un grand spectacle, parfois lent, et peut-être long, mais qui reste tout simplement époustouflant dans sa photographie et son aspect visuel presque aussi essentiel que l'histoire elle-même. The Fountain est avant tout un ensemble d'éléments indissociables : la musique, l'histoire, le visuel, les acteurs eux-mêmes. Tout s'ajuste à la perfection pour faire de ce film un film à part.
Et dire qu'au départ les rôles principaux devait être tenus par Brad Pitt et Cate Blanchett. Je doute que le résultat aurait pu être aussi parfait. Surtout lorsque l'on voit ce genre de scène. Émouvant, poignant et d'un réalisme tel, qu'on se demande comment il a fait pour aller jusqu'à en oublier la présence de la caméra.
Dans une interview Jackman expliquait que durant ses tournages, sa famille l'accompagnait toujours car il ne supportait pas son absence. Pour the Fountain il fit une exception à cause du défi émotionnel que représentait ces rôles, afin de mieux se mettre dans la peau du personnage, et comme il l'avouera lui-même, cette absence renforcera sa sensibilité durant le tournage.
Pour conclure The Fountain est une œuvre à part, une poésie emprunte de lyrisme et à laquelle la quête du "héros" confère un aspect épique. Mais c'est également une histoire intimiste (très peu de personnages finalement) dont la portée métaphysique touche tous les publics. The Fountain est un film qui attire sans que l'on comprenne forcément pourquoi. Un voyage mystique à travers nos sentiments et nos craintes universelles.
A noter que parallèlement le film est sorti en BD également, afin d'élargir le public et les supports.
OST - Dead is the Road to Awe
OST - Together We Will Live Forever
Stay with Me
Xibalba
mardi 1 novembre 2011
Il faut sauver le soldat Ryan
Film de guerre sorti en 1998 et réalisé par Steven Spielberg, Il faut sauver le soldat Ryan a été récompensé à de nombreuses reprises, notamment à la cérémonie des Oscars, en remportant 5 statuettes, dont celle du meilleur réalisateur.
Ce long-métrage de presque 3 heures met en scène Tom Hanks, Tom Sizemore, ainsi que Matt Damon ou encore Vin Diesel.
Synopsis
6 juin 1944. Après des mois d'attente, l'opération Overlord commence, et le débarquement en Normandie à lieu. John Miller, capitaine d'une compagnie de Rangers est dans la première vague à débarquer à Omaha Beach.
Après une lutte sanglante et acharnée pour le contrôle de la plage, les américains prennent pied en France et parviennent à repousser les allemands hors des côtes.
Cependant après cette difficile victoire, une mission encore plus délicate est confiée à Miller.
Il doit en effet partir à la recherche d'un soldat parachuté derrière les lignes ennemis : James Ryan, afin de le ramener au pays.
En effet, Ryan a perdu ses trois frères à la guerre, et le chef d'état-major des armées lui-même, Georges Marshall, désire ramener ce quatrième frère en vie à sa mère.
Commence alors pour Miller et ses hommes une longue quête en territoire ennemi. Mais alors que l'ennemi se fait de plus en plus présent, des questions divisent la troupe du capitaine.
La vie d'un seul homme mérite-elle qu'on lui sacrifie plusieurs autres ? D'autant plus que personne ne sait si Ryan est toujours en vie.
Analyse
Il faut sauver le soldat Ryan marque le spectateur d'entrée de jeu par une reconstitution hyper-réaliste du débarquement allié à Omaha beach. La reconstitution est quasi-historique, et le réalisme est poussé à l'extrême, sombrant parfois dans l'horreur et le gore. Néanmoins comment reproché à un film de guerre relatant un évènement historique, de se montrer vrai, bien que jugé cru à sa sortie.
Le résultat est là malgré tout, et le spectateur est rapidement immergé dans cette bataille qui semble désespérée. On ressent clairement le coupe-gorge dans lequel se débat l'armée américaine, et la caméra parfois subjective renforce encore plus cet aspect. Le mixage et la bande sonore (récompensés aux oscars) sont d'une grande qualité et la déflagration des obus et des cartouches finissent de nous faire revivre cette bataille acharnée.
Spielberg réussit un coup de maître en tournant l'une des scènes étant considérée comme la meilleure scène de bataille du cinéma par de nombreux magazines. Plus d'un millier de figurants, le double en armes, et un total de 11 millions de dollars auront été nécessaires pour tourner ce début de film qui dure pas loin de trente minutes, ce qui pour une introduction s'avère particulièrement long. Le réalisateur n'a pas précipité sa mise en scène et laisse donc tout le temps nécessaire à son film pour se mettre en place, lui conférant ainsi un grand réalisme et un contexte marquant.
La photographie du film jouit d'une grande qualité, notamment lors de la scène du débarquement. L'image semble assez épurée, très peu de couleurs vives composent la scène. Seule le sang se démarque et cela renforce l'aspect visuel de la mise en scène. La luminosité est assez faible,le débarquement ayant eu lieu très tôt le matin.) L'esthétique est très convaincant et Janusz Kaminski sera oscarisé pour son travail à la photographie. A noter également l'utilisation de caméras sous-marines qui enrichissent le visuel du film et le côté réaliste, montrant ainsi que de nombreux soldats sont morts noyés, ceux-ci ne pouvant débarqué sur la plage, ont alors essayé de nager jusqu'à elle, devant supporter la charge trop lourde de leurs équipements ou les mitrailleuses allemandes.
Au niveau des acteurs on peut noter une grande qualité dans l'interprétation de Tom Hanks qui incarne un capitaine tout ce qu'il y a de plus humain au niveau des émotions. On ne tombe pas dans le cliché de l'officier américain à la grosse voix et au cigare. Il en va de même pour l'ensemble des acteurs constituant la troupe de Miller.
Chacun possède son propre caractère, plutôt bien mis en avant, et ceux-ci rendent bien compte des tensions qui peuvent se développer dans un groupe durant l'exécution d'une mission controversée. Néanmoins ils parviennent à rester solidaire dans l'adversité sans surjouer et stéréotyper le militaire américain en héros. Tom Hanks est donc bien entouré, principalement par Tom Sizemore qui une fois de plus endosse l'uniforme pour le rôle de dure à cuir qui lui va si bien, et par Matt Damon qui un an après son Will Hunting passe devant la caméra pour Spielberg, dans le rôle d'un jeune soldat courageux, sans trop en faire cependant. Il rend bien compte de l'esprit de camaraderie qui peut naître entre soldat et son interprétation est bien dosée.
Malgré quelques erreurs techniques (parfois volontaires), Spielberg nous offre une fois de plus en grand moment de cinéma et évoque l'une des plus grandes pages de notre histoire avec réalisme et une certaine neutralité. Il ne cherche pas à enfoncer les soldats allemands et à valoriser l'armée américaine. Il se contente de filmer une histoire, certes plus d'un point de vu que de l'autre, mais sans perdre de vu son objectif principal, qui n'est pas d'encenser les victoires alliés, mais de raconter l'histoire d'un groupe de soldat durant la seconde guerre mondiale, et d'en profiter ainsi pour traiter ces évènements qui ont marqué l'histoire.
Un grand film donc, pour trois heures d'immersion dans un des conflits les plus célèbres du vingtième siècles. De plus, venant du réalisateur américain, la bande originale n'est pas en reste, puisque c'est John Williams qui s'y colle pour nous offrir une nouvelle fois une musique sublime qui épouse parfaitement le film. Même si le côté symphonique reste courant dans les films de guerre, l'essentiel c'est que l'effet soit là et que les morceaux s'accordent harmonieusement avec les différentes scènes, et c'est le cas ici et plus encore.
Williams alterne les morceaux très instrumentalisés et symphoniques pour renforcer les moments forts du films, et des morceaux plus intimistes pour mettre en avant des moments plus calme ou qui font monter la tension de l'intrigue. Rien de très novateur en somme, mais la recette marche tellement bien.
Pour conclure, Saving Private Ryan est un excellent film, mainte fois récompensé. Avec un large budget de presque 90 millions de dollars, Spielberg a réussi à rendre son long-métrage grandiose et authentique.
A voir, et je dirais même plus, à voir sur écran géant (comme si c'était facile :p)
OST - Omaha Beach
OST - Finding Private Ryan
OST - Approaching the Ennemy
OST - Tu es partout - Edith Piaf
Ce long-métrage de presque 3 heures met en scène Tom Hanks, Tom Sizemore, ainsi que Matt Damon ou encore Vin Diesel.
Synopsis
6 juin 1944. Après des mois d'attente, l'opération Overlord commence, et le débarquement en Normandie à lieu. John Miller, capitaine d'une compagnie de Rangers est dans la première vague à débarquer à Omaha Beach.
Après une lutte sanglante et acharnée pour le contrôle de la plage, les américains prennent pied en France et parviennent à repousser les allemands hors des côtes.
Cependant après cette difficile victoire, une mission encore plus délicate est confiée à Miller.
Il doit en effet partir à la recherche d'un soldat parachuté derrière les lignes ennemis : James Ryan, afin de le ramener au pays.
En effet, Ryan a perdu ses trois frères à la guerre, et le chef d'état-major des armées lui-même, Georges Marshall, désire ramener ce quatrième frère en vie à sa mère.
Commence alors pour Miller et ses hommes une longue quête en territoire ennemi. Mais alors que l'ennemi se fait de plus en plus présent, des questions divisent la troupe du capitaine.
La vie d'un seul homme mérite-elle qu'on lui sacrifie plusieurs autres ? D'autant plus que personne ne sait si Ryan est toujours en vie.
Analyse
Il faut sauver le soldat Ryan marque le spectateur d'entrée de jeu par une reconstitution hyper-réaliste du débarquement allié à Omaha beach. La reconstitution est quasi-historique, et le réalisme est poussé à l'extrême, sombrant parfois dans l'horreur et le gore. Néanmoins comment reproché à un film de guerre relatant un évènement historique, de se montrer vrai, bien que jugé cru à sa sortie.
Le résultat est là malgré tout, et le spectateur est rapidement immergé dans cette bataille qui semble désespérée. On ressent clairement le coupe-gorge dans lequel se débat l'armée américaine, et la caméra parfois subjective renforce encore plus cet aspect. Le mixage et la bande sonore (récompensés aux oscars) sont d'une grande qualité et la déflagration des obus et des cartouches finissent de nous faire revivre cette bataille acharnée.
Spielberg réussit un coup de maître en tournant l'une des scènes étant considérée comme la meilleure scène de bataille du cinéma par de nombreux magazines. Plus d'un millier de figurants, le double en armes, et un total de 11 millions de dollars auront été nécessaires pour tourner ce début de film qui dure pas loin de trente minutes, ce qui pour une introduction s'avère particulièrement long. Le réalisateur n'a pas précipité sa mise en scène et laisse donc tout le temps nécessaire à son film pour se mettre en place, lui conférant ainsi un grand réalisme et un contexte marquant.
La photographie du film jouit d'une grande qualité, notamment lors de la scène du débarquement. L'image semble assez épurée, très peu de couleurs vives composent la scène. Seule le sang se démarque et cela renforce l'aspect visuel de la mise en scène. La luminosité est assez faible,le débarquement ayant eu lieu très tôt le matin.) L'esthétique est très convaincant et Janusz Kaminski sera oscarisé pour son travail à la photographie. A noter également l'utilisation de caméras sous-marines qui enrichissent le visuel du film et le côté réaliste, montrant ainsi que de nombreux soldats sont morts noyés, ceux-ci ne pouvant débarqué sur la plage, ont alors essayé de nager jusqu'à elle, devant supporter la charge trop lourde de leurs équipements ou les mitrailleuses allemandes.
Au niveau des acteurs on peut noter une grande qualité dans l'interprétation de Tom Hanks qui incarne un capitaine tout ce qu'il y a de plus humain au niveau des émotions. On ne tombe pas dans le cliché de l'officier américain à la grosse voix et au cigare. Il en va de même pour l'ensemble des acteurs constituant la troupe de Miller.
Chacun possède son propre caractère, plutôt bien mis en avant, et ceux-ci rendent bien compte des tensions qui peuvent se développer dans un groupe durant l'exécution d'une mission controversée. Néanmoins ils parviennent à rester solidaire dans l'adversité sans surjouer et stéréotyper le militaire américain en héros. Tom Hanks est donc bien entouré, principalement par Tom Sizemore qui une fois de plus endosse l'uniforme pour le rôle de dure à cuir qui lui va si bien, et par Matt Damon qui un an après son Will Hunting passe devant la caméra pour Spielberg, dans le rôle d'un jeune soldat courageux, sans trop en faire cependant. Il rend bien compte de l'esprit de camaraderie qui peut naître entre soldat et son interprétation est bien dosée.
Malgré quelques erreurs techniques (parfois volontaires), Spielberg nous offre une fois de plus en grand moment de cinéma et évoque l'une des plus grandes pages de notre histoire avec réalisme et une certaine neutralité. Il ne cherche pas à enfoncer les soldats allemands et à valoriser l'armée américaine. Il se contente de filmer une histoire, certes plus d'un point de vu que de l'autre, mais sans perdre de vu son objectif principal, qui n'est pas d'encenser les victoires alliés, mais de raconter l'histoire d'un groupe de soldat durant la seconde guerre mondiale, et d'en profiter ainsi pour traiter ces évènements qui ont marqué l'histoire.
Un grand film donc, pour trois heures d'immersion dans un des conflits les plus célèbres du vingtième siècles. De plus, venant du réalisateur américain, la bande originale n'est pas en reste, puisque c'est John Williams qui s'y colle pour nous offrir une nouvelle fois une musique sublime qui épouse parfaitement le film. Même si le côté symphonique reste courant dans les films de guerre, l'essentiel c'est que l'effet soit là et que les morceaux s'accordent harmonieusement avec les différentes scènes, et c'est le cas ici et plus encore.
Williams alterne les morceaux très instrumentalisés et symphoniques pour renforcer les moments forts du films, et des morceaux plus intimistes pour mettre en avant des moments plus calme ou qui font monter la tension de l'intrigue. Rien de très novateur en somme, mais la recette marche tellement bien.
Pour conclure, Saving Private Ryan est un excellent film, mainte fois récompensé. Avec un large budget de presque 90 millions de dollars, Spielberg a réussi à rendre son long-métrage grandiose et authentique.
A voir, et je dirais même plus, à voir sur écran géant (comme si c'était facile :p)
OST - Omaha Beach
OST - Finding Private Ryan
OST - Approaching the Ennemy
OST - Tu es partout - Edith Piaf
Citizen Kane de Orson Welles
Premier long métrage de et avec Orson Welles, Citizen Kane est considéré, encore sept décennies après sa sortie en salle comme l'un des meilleurs, voire le meilleur film jamais réalisé. Rien que cette réputation devrais attirer le cinéphile à regarder cette oeuvre majeure du cinéma du début des années 40, et c'est pourquoi après avoir mis un certain temps, je me suis décidé à visionner ce film qui à l'époque a été qualifié de révolutionnaire d'un point de vu technique.
Synopsis
Le film commence sur la mort du magnat de la presse, Charles Foster Kane. Rapidement la nouvelle fait le tour du monde journalistique. On retrace sa vie, décortique son existence. Pourtant un mystère demeure.
Le dernier mot prononcé par Kane avant de mourir est *Rosebud*, et personne ne sait à quoi cela peut faire référence. Qu'est-ce qu'est ce bouton de rose ?
C'est la question à laquelle devra répondre le journaliste Thompson. En rencontrant les anciens associés, femmes, amis de Kane, le reporter va découvrir la vie d'un homme hors du commun, plein de contradictions, sans pour autant pouvoir cerner clairement le personnage, tellement les avis diverges et ne se recoupent pas forcément.
Analyse
Bien qu'acclamé par la critique à sa sortie Citizen Kane n'a pas eu le succès auquel il avait droit, pour la simple raison, que l'histoire de Charles Foster Kane, s'inspire en parti d'un autre magnat de la presse, bien réel celui-ci : William Randolph Hearst, qui n'a eu de cesse de tenter d'interdire le film, notamment à cause de l'expression rosebud qui aurait qualifier le clitoris de sa maitresse : l'actrice Marion Davis.
C'est donc après avoir subit une longue campagne de dénigrement de la part de Hearst, un combat avec sa propre maison de production et beaucoup de fatigue mentale que Welles parvient à sortir son film en salle en 1941.
C'est un film moderne et novateur au niveau de la technique qu'il présente, et si les critiques s'accordent pour en faire l'éloge, le public ne suit pas.
Pourtant Welles a su faire de son film une œuvre de visionnaire comme en témoigne sa caméra sûre et audacieuse ainsi que son système narratif particulier.
En effet, le personnage principal meurt au début du film, et si on a un léger aperçu de sa vie grâce à des documentaires et films d'archive, on va apprendre à connaitre le personnage à travers les yeux de ceux qui l'ont côtoyé de prés, comme ses femmes, ses amis et collaborateurs.
Welles alterne donc entre souvenirs des uns et des autres, et l'enquête de Thompson, et il utilise tous les moyens pour nous plonger dans le passé de Kane. Archives écrites, témoignages etc. et là où le réalisateur fait montre de son génie c'est dans la manière dont il recoupe la narration de son film.
Les témoignages ne sont pas toujours chronologique, certains étant antérieur à d'autres, ou l'un s'enchainant directement à un autre, mais d'un point de vu différent. Welles essaye d'être novateur et confère à la narration de son film une originalité réelle et saisissante sans être brouillon.
On peut également noter l'existence d'un narrateur omniscient au début du film qui raconte l'histoire même du magnat de la presse, ce qui amorce le début de l'histoire. C'est d'ailleurs grâce à ce narrateur que l'on connaitra le fin mot de l'histoire et non pas du fait des autres intervenants internes au film. Le film possède donc une narration fluide et bien suivie, à la fois grâce à l'entourage de Kane qui raconte quel homme il a été, mais également grâce à ce narrateur inconnu, qui nous montre et nous dit ce que l'on n'est pas censé voir ou entendre.
Citizen Kane a également révolutionné la technique cinématographique au niveau de l'utilisation de la caméra. Les plongés et contre-plongés sont très souvent utilisés dans le film, et parfois de manière inattendue et à contre-emploi. (certaines scènes montrant une contre-plongée là où l'on aurait attendu une plongée).
Welles joue aussi énormément avec le champs de la caméra et les plans, mettant ainsi en avant certains éléments du plan, ou s'en servant dans le déroulement de la séquence, changeant ainsi le point du vue ou attirant l'attention du spectateur sur un autre élément.
Le réalisateur aime jouer avec sa caméra comme le montre la première scène du film où la caméra passe à travers une grille et une fenêtre de manière fluide et sans coupure, s'infiltrant ainsi dans une nouvelle séquence sans coupure.
On peut également noter une large utilisation d'effet spéciaux dans le film (chose peu courante pour l'époque), notamment au niveaux des décors, ceux-ci étant souvent fictifs (utilisation de diapo ou de toiles peintes.)
Outre les trucages divers au niveau de l'utilisation de la caméra et de la manière de filmer (jeux de lumières, utilisation de la pellicule...), on peut également noter d'autres montages, comme Kane apparaissant à côté d'Adolphe Hitler sur une vidéo.
Orson Welles n'hésite pas à se servir d'images d'archive pour enrichir son film et son personnage.
Mais Citizen Kane, c'est aussi des acteurs, notamment la troupe du Mercury Theatre (dont est membre Welles) qui permettent à ce film d'être ce qu'il est. L'interprétation de Welles en Charles Foster Kane et s'étalant sur plusieurs décennies est saisissante. Dans le peu de temps que retracent les témoignages, on peut voir l'évolution d'un homme, de son développement et ses contradictions et finalement sa mégalomanie qui n'a pour seule compagnie qu'une solitude presque touchante. Kane est à la fois un personnage détestable et attachant. Mauvais mari, mauvais ami, qui ne veut accorder de l'importance qu'aux apparences, et qui portant aurait besoin de bien plus. Un personnage qui comme le dit son meilleur ami dans le film, demande beaucoup d'amour, alors qu'il en a si peu à donner. Welles nous offre donc une prestation magistrale. Celle d'un homme complexe et difficile à cerner.
A ses côtés on peut voir de nombreux acteurs qui débutent aux côtés de Welles comme Joseph Cotten, Dorothy Comingore, Ruth Warrick ou encore Everett Sloane qui nous présentent le personnage de Kane, souvent de manière pathétique, l'étant eux-même d'une certaine façons.
On peut également noter une qualité au niveau des dialogues, certains restant à l'esprit, comme une tirade d'Everett Sloane sur l'étrangeté de la mémoire.
En conclusion, Citizen Kane est un grand film, qu'il faut voir avec un certain recul néanmoins, et qu'il faut replacer dans son contexte. Ce film a 70 ans. Pour beaucoup il peut sembler ennuyant, aspect renforcé par sa forme, qui pourrait ressembler à celle d'un documentaire réalisé à la mort d'un quelconque homme publique. Néanmoins le procédé narratif, la qualité des acteurs, et le déroulement même du film, suffisent à attirer l'attention, sans compter la curiosité inspiré par ce fameux Rosebud dont on peut essayer de deviner la signification mais qui ne pourra que surprendre lors de sa révélation, compte tenu de la vie de ce personnage atypique.
Un film à voir, pour sa réputation, et parce qu'il s'agit d'un grand classique du cinéma, sans compter la parfaite réalisation dont il jouit.
Il est sans doute difficile aujourd'hui de classer ce film, compte tenu du cinéma moderne mais malgré la différence d'époque ce film mérite la place qu'il occupe dans le monde du septième art.
Divers :
- Tout le film repose sur un non-sens très facile et rapide à découvrir.
- Charles Monthy Burns des Simpsons est largement inspiré de Kane (histoire personnelle, son chateau et la clôture avec le "B" etc.). Le film inspirera la série de Groening à de nombreuses reprises.
- Citizen Kane possède de nombreuses références dans les milieux de l'art en général.
Synopsis
Le film commence sur la mort du magnat de la presse, Charles Foster Kane. Rapidement la nouvelle fait le tour du monde journalistique. On retrace sa vie, décortique son existence. Pourtant un mystère demeure.
Le dernier mot prononcé par Kane avant de mourir est *Rosebud*, et personne ne sait à quoi cela peut faire référence. Qu'est-ce qu'est ce bouton de rose ?
C'est la question à laquelle devra répondre le journaliste Thompson. En rencontrant les anciens associés, femmes, amis de Kane, le reporter va découvrir la vie d'un homme hors du commun, plein de contradictions, sans pour autant pouvoir cerner clairement le personnage, tellement les avis diverges et ne se recoupent pas forcément.
Analyse
Bien qu'acclamé par la critique à sa sortie Citizen Kane n'a pas eu le succès auquel il avait droit, pour la simple raison, que l'histoire de Charles Foster Kane, s'inspire en parti d'un autre magnat de la presse, bien réel celui-ci : William Randolph Hearst, qui n'a eu de cesse de tenter d'interdire le film, notamment à cause de l'expression rosebud qui aurait qualifier le clitoris de sa maitresse : l'actrice Marion Davis.
C'est donc après avoir subit une longue campagne de dénigrement de la part de Hearst, un combat avec sa propre maison de production et beaucoup de fatigue mentale que Welles parvient à sortir son film en salle en 1941.
C'est un film moderne et novateur au niveau de la technique qu'il présente, et si les critiques s'accordent pour en faire l'éloge, le public ne suit pas.
Pourtant Welles a su faire de son film une œuvre de visionnaire comme en témoigne sa caméra sûre et audacieuse ainsi que son système narratif particulier.
En effet, le personnage principal meurt au début du film, et si on a un léger aperçu de sa vie grâce à des documentaires et films d'archive, on va apprendre à connaitre le personnage à travers les yeux de ceux qui l'ont côtoyé de prés, comme ses femmes, ses amis et collaborateurs.
Welles alterne donc entre souvenirs des uns et des autres, et l'enquête de Thompson, et il utilise tous les moyens pour nous plonger dans le passé de Kane. Archives écrites, témoignages etc. et là où le réalisateur fait montre de son génie c'est dans la manière dont il recoupe la narration de son film.
Les témoignages ne sont pas toujours chronologique, certains étant antérieur à d'autres, ou l'un s'enchainant directement à un autre, mais d'un point de vu différent. Welles essaye d'être novateur et confère à la narration de son film une originalité réelle et saisissante sans être brouillon.
On peut également noter l'existence d'un narrateur omniscient au début du film qui raconte l'histoire même du magnat de la presse, ce qui amorce le début de l'histoire. C'est d'ailleurs grâce à ce narrateur que l'on connaitra le fin mot de l'histoire et non pas du fait des autres intervenants internes au film. Le film possède donc une narration fluide et bien suivie, à la fois grâce à l'entourage de Kane qui raconte quel homme il a été, mais également grâce à ce narrateur inconnu, qui nous montre et nous dit ce que l'on n'est pas censé voir ou entendre.
Citizen Kane a également révolutionné la technique cinématographique au niveau de l'utilisation de la caméra. Les plongés et contre-plongés sont très souvent utilisés dans le film, et parfois de manière inattendue et à contre-emploi. (certaines scènes montrant une contre-plongée là où l'on aurait attendu une plongée).
Welles joue aussi énormément avec le champs de la caméra et les plans, mettant ainsi en avant certains éléments du plan, ou s'en servant dans le déroulement de la séquence, changeant ainsi le point du vue ou attirant l'attention du spectateur sur un autre élément.
Le réalisateur aime jouer avec sa caméra comme le montre la première scène du film où la caméra passe à travers une grille et une fenêtre de manière fluide et sans coupure, s'infiltrant ainsi dans une nouvelle séquence sans coupure.
On peut également noter une large utilisation d'effet spéciaux dans le film (chose peu courante pour l'époque), notamment au niveaux des décors, ceux-ci étant souvent fictifs (utilisation de diapo ou de toiles peintes.)
Outre les trucages divers au niveau de l'utilisation de la caméra et de la manière de filmer (jeux de lumières, utilisation de la pellicule...), on peut également noter d'autres montages, comme Kane apparaissant à côté d'Adolphe Hitler sur une vidéo.
Orson Welles n'hésite pas à se servir d'images d'archive pour enrichir son film et son personnage.
Mais Citizen Kane, c'est aussi des acteurs, notamment la troupe du Mercury Theatre (dont est membre Welles) qui permettent à ce film d'être ce qu'il est. L'interprétation de Welles en Charles Foster Kane et s'étalant sur plusieurs décennies est saisissante. Dans le peu de temps que retracent les témoignages, on peut voir l'évolution d'un homme, de son développement et ses contradictions et finalement sa mégalomanie qui n'a pour seule compagnie qu'une solitude presque touchante. Kane est à la fois un personnage détestable et attachant. Mauvais mari, mauvais ami, qui ne veut accorder de l'importance qu'aux apparences, et qui portant aurait besoin de bien plus. Un personnage qui comme le dit son meilleur ami dans le film, demande beaucoup d'amour, alors qu'il en a si peu à donner. Welles nous offre donc une prestation magistrale. Celle d'un homme complexe et difficile à cerner.
A ses côtés on peut voir de nombreux acteurs qui débutent aux côtés de Welles comme Joseph Cotten, Dorothy Comingore, Ruth Warrick ou encore Everett Sloane qui nous présentent le personnage de Kane, souvent de manière pathétique, l'étant eux-même d'une certaine façons.
On peut également noter une qualité au niveau des dialogues, certains restant à l'esprit, comme une tirade d'Everett Sloane sur l'étrangeté de la mémoire.
En conclusion, Citizen Kane est un grand film, qu'il faut voir avec un certain recul néanmoins, et qu'il faut replacer dans son contexte. Ce film a 70 ans. Pour beaucoup il peut sembler ennuyant, aspect renforcé par sa forme, qui pourrait ressembler à celle d'un documentaire réalisé à la mort d'un quelconque homme publique. Néanmoins le procédé narratif, la qualité des acteurs, et le déroulement même du film, suffisent à attirer l'attention, sans compter la curiosité inspiré par ce fameux Rosebud dont on peut essayer de deviner la signification mais qui ne pourra que surprendre lors de sa révélation, compte tenu de la vie de ce personnage atypique.
Un film à voir, pour sa réputation, et parce qu'il s'agit d'un grand classique du cinéma, sans compter la parfaite réalisation dont il jouit.
Il est sans doute difficile aujourd'hui de classer ce film, compte tenu du cinéma moderne mais malgré la différence d'époque ce film mérite la place qu'il occupe dans le monde du septième art.
Divers :
- Tout le film repose sur un non-sens très facile et rapide à découvrir.
- Charles Monthy Burns des Simpsons est largement inspiré de Kane (histoire personnelle, son chateau et la clôture avec le "B" etc.). Le film inspirera la série de Groening à de nombreuses reprises.
- Citizen Kane possède de nombreuses références dans les milieux de l'art en général.
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