jeudi 3 novembre 2011

Iron-Man 2.0

Depuis longtemps attendu dans nos salles obscures, le charismatique et très show-man Tony Stark fait son retour en grande pompe parmi nous. L'homme-armure plus en forme que jamais (en apparence) nous ravit une nouvelle fois sous la direction du même Jon Favreau qui avait réussi une première adaptation des histoires du super-héros très remarquée.
Et bien ce second opus est dans la juste continuité du premier et nous devons sans doute cela à l'irrésistible interprétation de Robert Downey Jr, mais tout de suite, résumé.


Synopsis

Depuis qu'il a avoué au monde entier qu'il est Iron-Man, Tony Stark est une véritable vedette. Grâce à lui la paix dans le monde est stabilisée et il se présente véritablement comme le gardien de celle-ci. Cependant les choses ne demeurent jamais parfaites, et l'armée américaine veut tout faire pour s'emparer de sa technologie afin d'en faire une production militaire, ce qui n'est pas au gout de notre homme d'affaire qui ne rate pas une occasion pour les ridiculiser.

Cependant les choses se compliquent quand Ivan Vanko fait son apparition et défie Tony Stark, avec une armure (somme toute primaire) alimentée elle aussi par un générateur au paladium.
Iron Man doit faire face à un nouvel adversaire qui semble étrangement lié au passé de son père et qui compte bien détruire l'homme et l'armure.
Afin de gérer cette crise Tony Stark va devoir trouver des alliés fiables qui pourront l'épauler, d'autant plus que son coeur au paladium semble avoir des effets secondaires conséquents sur sa propre santé.



Analyse

On prend les mêmes (ou presque) et on recommence. Ce qui avait fait le succès du premier Iron Man fait indéniablement le succès du second. Outre des effets spéciaux d'un réalisme saisissant et un côté visuel des plus satisfaisant, Iron Man 2 tire son succès de son charismatique interprète principal.

Encore une fois Robert Downey Jr nous offre un Tony Stark tout en nuance, à la fois fois fragile et vulnérable (notamment avec Peppers) et à la fois arrogant et sarcastique avec les autorités et les politiques. Downey a très bien saisi son personnage et est capable d'exploiter à fond ses ambivalences et sa complexité, ce qui à le don de faire rire sincèrement ou de provoquer une certaine empathie vers un homme qui doit traverser une crise dont le résultat peut-être la mort.
Les scènes d'humour sont nombreuses, qu'elles soient volontairement drôle ou non et Robert Downey Jr nous offre de véritables moments de comédie. Tony Stark est indéniablement l'un des personnages adapté de comics le plus travaillé et chaque geste est là pour accentuer le caractère et la personnalité du justicier.


 Robert Downey est épaulé par un casting des plus appréciables composé de Mickey Rourke qui nous ravit une nouvelle fois dans la peau d'une brute épaisse également nuancée. Son personnage bien qu'assez simple à saisir est très bien interprété et permet une opposition saisissante avec Stark.
Gwyneth Paltrow est toujours présente dans le rôle de la fidèle Pepper Pots qui désespère devant les enfantillages de son patron, mais qui ne peut résister à sa vulnérabilité. Elle apporte beaucoup au film et au personnage de Tony Stark et reste très convaincante. Sam Rockwell est tout simplement excellent dans son rôle de fabriquant d'armes, rival de Tony Stark. Il confère également au film un côté comique assumé et donne la part belle à la comédie.
On a vraiment le sentiment que les acteurs sont taillés pour leur rôle et pour ma part j'aurais du mal à imaginer quelqu'un d'autre à leur place.
On notera également la présence de Scarlett Johansson qui m'insupporte en blonde comme en brune, et de Samuel L. Jackson dans le rôle du Nick Fury.
A noter également la présence de Don Cheadle dans le rôle de James Rodhes (celui-ci remplaçant Terrence Howard).

Le film possède donc un très bon casting qui lui permet de passer comme une lettre à la poste. Le tout est à la fois léger et grand spectacle et le scénario est suffisamment bien travaillé pour permettre d'accrocher au métrage dès les premières minutes (à ce propos le film commence très fort).
Au niveau de l'action, on en a pour notre compte, le tout est très satisfaisant et très soigné. Ca ne traine pas en longueur et le film peut ainsi se concentrer sur d'autres aspects pas forcément originaux mais touchant et très bien traité (comme l'enregistrement vidéo du père de Tony) qui renforce l'histoire des personnages. Jon Favreau met ce qu'il faut, là où il faut et apporte à son film une mise en scène soignée et équilibrée.
Le film s'offre également le luxe de certaines scènes, telle que Tony Stark prenant part au grand prix de Monaco et exploite les petites question stupides que l'on pourrait avoir concernant Iron Man (Mais comment on fait pipi avec l'armure ?). Le tout sert très bien le film et créer une ambiance chaleureuse et détendue.
On peut également apprécier la très bonne BO du film qui est en parfaite adéquation avec l'ambiance générale.


Pour conclure, Iron Man 2 est une très bonne suite, qui possède de nombreux atouts pour plaire. Il y en a pour tous les gouts et la prestation de Robert Downey Jr est tout à fait exceptionnelle. Un pur moment de comédie et de ravissement cinématographique que je conseille à tout le monde.
Jon Favreau montre que l'on peut faire un très bon film basé sur un comics (même si certains puristes trouveront surement quelque chose à dire je suppose), et il arrive à mêler les différents aspects de la comédie pour réaliser une très bonne adaptation. Un très bon divertissement qui assure un moment de détente réel et un bon moment de cinéma. A noter également de nombreux clin d'œil (pour les connaisseurs) tout à fait sympathiques. Vivement le troisième opus !



Trade

Il est des films divertissants qui font parler d'eux et des films plus engagés, voire essentiels, qui restent davantage dans l'ombre car ils traitent d'un sujet délicat et pas à la portée de tout le monde.
C'est le cas de Trade, sous-titré les trafiquants de l'ombre. Film réalisé en 2007 par Marco Kreuzpaintner qui signe ici un film dur et sans concessions sur l'un des sujets les plus tabous dans notre société moderne.


Synopsis

Jorge, jeune mexicain de 17 ans, vit de menus larcins commis avec des amis à lui, détroussant les touristes de manière plus ou moins habile.
Le jour où Adriana, sa petite sœur de 13 ans, est kidnappée, Jorge entame une quête désespérée à travers le Mexique pour la retrouver.
Alors que les obstacles se font de plus en plus nombreux et qu'il devient de plus en plus clair que sa sœur a été embarquée par un réseau de prostitution, Jorge trouve un allié inattendu en la personne de Ray, un flic désabusé qui semble suivre une quête bien personnelle et dont les motivations font de lui son allié.


Analyse

Kreuzpainter signe ici un film sombre sur l'un des trafics les plus nauséabonds de nos sociétés modernes : le trafic sexuel. Le film ne parle pas que de prostitution au sens propre, mais s'attaque vraiment à quelque chose d'une envergure tout autre, à la vente de femmes et d'enfants à des particuliers qui peuvent les acheter via des réseaux spécialisés pour en faire des esclaves sexuels, et se servir d'eux comme des jouets.
Le film décrit très bien le fonctionnement de ces réseaux, comment de jeunes immigrées souhaitant trouver une vie meilleure aux USA par exemple se font enlever, séquestrer puis violer avant de finir sur le trottoir quelque-part dans le monde.

Trade mêle deux histoires parallèles, celle de Jorge et de Ray qui, de l'extérieur, tente de sauver Adriana de ce piège et celle de Veronika, une jeune polonaise victime d'un réseau de prostituion et qui prend la jeune Adriana sous son aile pour la protéger le plus que possible des abus de ses tortionnaires, offrant une vision de l'intérieur du réseau.
Le film évoque également le prix de la virginité chez les jeunes filles, marchandisant cet aspect et en présentant cela comme un article rare et demandé. Il est en de même pour les jeunes garçons, principal article attendu dans les milieux pédophiles.


Tout s'achète...

La mise en scène est saisissante et joue avec les ralentis et les gros plans, notamment dans les scènes difficiles, fixant la caméra sur le visage des acteurs pour capter au mieux leurs émotions, leurs pensées, ce qui est somme toute très déroutant quand cela concerne un homme d'âge mûr qui pourrait être votre voisin et qui entraine une gamine de 13 ans dans des abris clandestins pour se faire faire une petite gâterie sur le chemin de la déportation dudit réseau.
Le film joue également avec une certaine banalisation (et non banalité) des scènes et des situations. En effet, les méchants ne semblent pas forcément monstrueux, les lieux de transit varient de la maison délabrée au petit pavillon de banlieue, les "consommateurs" sont des gens banals que l'on peut croiser n'importe où...
C'est sans doute l'une des raisons (outre le budget j'imagine) qui fait que les acteurs principaux de ce film ne soient pas connus. Outre Kevin Kline que l'on a pu voir au cinéma régulièrement, les autres acteurs sont méconnus, mais très bons et très naturels dans leur rôle. Le jeune Cesar Romas, interprète de Jorge, tire son épingle du jeu, jouant sur le côté "sanguin" du latino, mais également sur le côté fragile du frère effrayé qui se sent responsable de l'enlèvement de sa sœur.
Le rôle de Verokina, interprétée par Alicja Bachleda-Curuś (madame Colin Farrell), est sans défaut, puissant dans une interprétation dramatique mais pleine de dignité et de courage.


... parce que tout se vend.

Le film fait une forte entrée en matière également puisque Jorge et ses amis proposent aux touristes d'aller voir des jeunes filles, leur montrant des photos sans équivoque, et profitent de la confiance des voyageurs ainsi que de l'intérêt qu'ils ont pour ce genre de commerce pour les détrousser. Une nouvelle fois, cette scène démontre une banalisation du tourisme sexuel dans les pays concernés.
Trade allie des scènes très dures, des scènes de libération et des scènes d'angoisse sur un fond musical très bien choisi, la BO étant composée de chansons et de morceaux divers et variés.



Pour conclure, Trade est un film à voir malgré un thème pas facilement abordable, car il traite d'un sujet trop souvent tu. Le cinéma, outre une dimension divertissante, peut également avoir une dimension informative et préventive comme le montre la réalisation de Kreuzpaintner.
Avant ce film, jamais je n'aurais imaginé que ce genre de trafic puisse aller aussi loin et la conclusion narrative du film est tout simplement écœurante.

La CIA estime qu'entre 50.000 et 100.000 filles, garçons et femmes sont amenés chaque année aux USA pour y être prostitués ou vendus comme objets sexuels. A travers le monde, plus d'un million de personne sont trafiquées contre leur gré. Nous ne trouvons pas de victimes aux États-Unis car nous n'en cherchons pas. - L'expert en trafic humain auprès du département d’État-

La scène finale est quant à elle une belle démonstration de l'ironie et du paradoxe du comportement humain. Elle a quelque chose de terrible, un constat et un réalisme éprouvant (Jorge en fera la triste expérience) qui ne laisse pas indifférent et dont on ne sort pas entièrement indemne.
Un film difficilement supportable par moment, mais magnifique que je conseille vivement.

A perfect World de Clint Eastwood

A perfect world est un film sorti en 1993 et réalisé par Clint Eastwood. On y retrouve Kevin Costner en cavale, qui traverse le Texas accompagné d'un jeune garçon qu'il avait pris en otage au départ.


Synopsis

Texas 1963. Évadés de la prison de Huntsville, 'Butch' Haynes et son codétenu Terry Pugh sont obligés de prendre un jeune garçon de huit ans, Philippe, en otage.
Si la collaboration entre Haynes et Pugh était purement pratique jusque là, leurs caractères trop différents met un terme à leur association. Pugh de nature perverse et violente s'en prend à Philippe et Butch finit par le tuer.
L'homme et l'enfant commence alors une traversée du Texas, devenant rapidement amis et complices. Philippe étant témoin de Jéhova, beaucoup de choses lui sont interdites, comme fêter Halloween ou aller à la fête foraine. Butch décide d'y remédier et de profiter de cette escapade entre homme pour réaliser les rêves du garçon et en faire un homme.

Cependant la police le recherche activement sous la direction du ranger Red Garnett et de son associée pour cette enquête, Sally Gerber.


Analyse

Après le western Impitoyable, Clint Eastwood prend une nouvelle fois la double casquette d'acteur et de réalisateur. Dans ce road movie aux allures très texanes il dirige un Kevin Costner au sommet de sa carrière.
Comme l'on peut s'y attendre avec Eastwood à la tête du film, un monde parfait promet un sujet sérieux et dramatique, et la réalisation durant les 2h10 du film est sans fausses notes. Le cow-boy nous offre un excellent film, à la fois simple et touchant. Le duo formé par Costner et le gamin est tout à fait à la hauteur et on ne peut que être touché par cette rencontre entre deux êtres que tout oppose de prime-abord mais qui développent une forte complicité, l'un apprenant à revivre au contact de l'autre.


A ce moment, l'un des acteurs les plus en vu d'Hollywood, Kevin Costner nous offre une prestation très bonne et un personnage attachant et complexe. On comprend très bien les bouleversements de son existence bien qu'ils ne soient mentionnés qu'à demi mots, et Butch est un bandit vraiment atypique qui semble avoir gardé une certaine âme d'enfant. Il ne cherche pas à savoir qui il est vraiment et comme il le dit lui-même : Non je ne suis pas un homme bon, mais je ne suis pas le plus mauvais. Je suis juste à part.
Il se définit très bien par cette phrase qui caractérise un personnage complexe et émouvant.
L'acteur jouant Philippe est quant à lui tout aussi excellent, déjà par sa performance malgré son jeune âge mais aussi parce qu'il arrive à rendre de manière convaincante le caractère effacé de son personnage, ce qui fonctionne à merveille.
Enfin, dernier grand rôle de ce film, Clint Eastwood qui profite d'être au Texas pour nous rejouer une sorte de cow-boy comme il sait s'y bien le faire. Son rôle est celui d'un flic dur mais juste, qui fait son travail et prenant les décisions difficiles qu'il faut. Rien de très original pour l'acteur finalement qui tire cependant et comme à son habitude son épingle du jeu.

Bien que le scénario du film soit finalement assez simple, un road movie sous fond de cavale dans les années 60, les thèmes abordés sont aussi profonds que larges. Ainsi l'absence du père semble être au cœur de l'histoire puisque Butch et Philippe ont grandi sans père et que leur relation va rapidement rappeler celle d'un père et de son fils.
Au travers du personnage de Costner on voit clairement le développement d'un enfant qui grandit sans père, les manques que cela occasionne et les éventuelles conséquences. A ce niveau le rôle de Butch est très intéressant à étudier, car ce manque lui confère son côté presque enfantin parfois, et son côté plus dur d'autres fois.
Bien que cela soit plus en retrait on peut également voir le manque que crée chez un enfant la privation d'ordre religieuse. Dans un monde parfait c'est mis en avant avec la fête d'Halloween, et les caractère et comportement de Philippe sont étroitement liés à ces privations, et c'est pourquoi Butch va le traiter comme un égal et lui permettre de faire ses propres choix ainsi que de réaliser certaines de ses envies.
Clint Eastwood n'hésite pas à doter son film de pointe d'humour assez timide mais bien présente qui permette d'accroitre la complicité de l'homme et de l'enfant.


Pour conclure Un monde parfait est un bon film. Pas le meilleur du réalisateur ni de l'acteur principal, néanmoins il nous offre une histoire atypique et touchante, voire émouvante. Comme à son habitude Eastwood nous réserve un fin comme il sait si bien les faire et qui fait que son film se démarque.
Un bon film à voir donc pour passer un moment de cinéma agréable et pour avoir l'occasion de voir Kevin Costner dans un excellent rôle avant qu'il ne disparaisse peu à peu des écrans dans les années qui suivront.

The Road

La route est un film américain réalisé par John Hillcoat et mettant en scène Vigo Mortensen dans le rôle principal.
Ce long-métrage s'inspire du roman de science-fiction éponyme écrit par Cormac MacCarthy.


Synopsis

L'homme et son fils errent dans un monde ravagé et éteint suite à un apocalypse indéterminé. L'humanité a presque disparu et les survivants tentent de survivre, certains seuls, d'autres en groupes. La barbarie et le cannibalisme ont repris le dessus, chacun voulant survivre coute que coute.
Le père et l'enfant eux sont seuls, poussant un caddie contenant leurs uniques richesses. Ils avancent vers l'ouest, vers la côte dans l'espoir d'y trouver un asile, un endroit qui serait épargné par cet "hiver nucléaire" qui prive la Terre de soleil, par cet apocalypse qui prive l'humanité d'humanité.

Sur la route, père et fils feront des rencontres inattendues, certaines plus importantes que d'autres, certaines bonnes, d'autres mauvaises.
Alors que le père essaye de transmettre des valeurs justes à son fils, le fils empêche son père de tourner le dos à ces valeurs.
Car sur la Route chacun est l'univers de l'autre.


Analyse

Film intimiste et solitaire, The Road relevait presque du challenge pour y être adapté au cinéma. En effet, le peu de personnages principaux et le manque de scénario confère à cette histoire un aspect davantage psychologique et métaphysique.
Néanmoins John Hillcoat aidé d'un bon casting a su relever le défi pour nous offrir un film presque conceptuel.

The Road suit une trame narrative très particulière. Le père raconte son histoire en arrière-plan, un récit explicatif destiné à on ne sait trop qui, son fils peut-être. La tournure est très poétique, très littéraire et permet à l'adaptation de conserver son style romanesque.
Les personnages sont peu nombreux et se comptent quasiment sur les doigts d'une main.
Outre Viggo Mortensen qui comme à l'accoutumé joue son rôle à la perfection et apporte la profondeur et l'ambivalence nécessaire à son personnage, nous pouvons saluer la performance du jeune Kodi Smit-McPhee dans le rôle du fils.
Robert Duvall, Charlize Theron dans le rôle de la mère et Guy Pearce font également une apparition presque anecdotique dans le film, avec quelques autres acteurs, chacun marquant un jalon sur la longue marche du père et de son fils.


Mais avant tout, The Road est un film qui se veut métaphorique. Aucun nom n'est donné, aucune explication n'est fournie quant à l'apocalypse dont est victime la Terre. Les personnages comme la situation ne sont que des moyens pour narrer une quête impossible. La volonté de croire en quelque chose quand l'espoir s'amenuise et tend à s'éteindre.
C'est l'histoire de l'humanité qui s'éteint et que se fissure à cause de la chute de la civilisation, du froid et du manque de nourriture. La barbarie semble être le dernier soubresaut d'un genre humain en pleine agonie.
Le père veut protéger son fils de la violence. Il lui inculque des valeurs qui se veulent justes et bonnes (comme il le dit lui-même "on est les gentils").
Bien que subjectives, ces valeurs sont une ligne de conduite (plus théorique d'ailleurs) à suivre afin de conserver son humanité.
Mais le père perd espoir, devient méfiant jusqu'à manquer d'empathie, le réalisme de leur situation étant trop cruel pour prendre des risques. Alors le fils lui oppose son innocence, lui rappelle ce qu'il lui a appris, car The Road c'est également cela, l'opposition entre expérience et innocence, entre vécu et vie future.
Durant quelques flashbacks, le film nous montre la mère de l'enfant et la femme de l'homme. Ces scènes douloureuses pour le père sont un fardeau de plus à porter sur la route qui n'en finit plus. Alors il décide qu'il faut oublier. L'enfant aussi doit oublier.

Ce film raconte également l'histoire d'un père et de son fils, l'amour qui les lie, cette relation unique mise en danger par un monde d'obscurité. L'un a besoin de l'autre pour continuer à avancer. Le père veut transmettre son vécu, la culture de l'ancien monde à son fils. Il veut préserver un semblant de vie et n'y arrive qu'épisodiquement. Il doit garder le courage nécessaire pour celui qui est tout pour lui, se montrer fort pour lui, oublier sa peine et sa souffrance, qui ressort lorsqu'il est seul.


The Road est également une œuvre métaphysique qui se questionne sur l'être humain, sur ses valeurs, son comportement face à l'inconnu, à l'avenir incertain, devoir avancer sans savoir où l'on met les pieds. C'est une métaphore de la vie.
Le père et le fils doivent marcher constamment, reprendre la route, encore, toujours. Même quand ils pensent avoir atteint leur but, ils doivent se rendre à l'évidence qu'il n'y a rien, alors il faut à nouveau avancer. C'est une histoire sans fin, un cercle vicieux qui n'est pas sans rappeler les supplices de la mythologie grecque, comme Sisyphe et son rocher ou les Danaïdes et leur tonneau percé.

Pour de nombreuses raisons, beaucoup ne pensaient pas ce film adaptable pour les salles obscures. Le pari est réussi cependant, mais néanmoins cette adaptation peut sembler trop lente et parfois trop longue pour peu que l'on ne soit pas disposé à se laisser porter par un film dans le seul objectif et de nous raconter l'histoire d'un père et d'un fils qui tentent de survivre, tout simplement.
Bien qu'abordant le même thème mais traité de manière complètement différente, The Road a beaucoup plus de profondeur que Le Livre d'Eli qui explore l'aspect plus cru d'un monde apocalyptique.


En conclusion, c'est un film que je conseille vivement. Atypique mais intéressant, The Road est une belle réalisation, simple et intime, parfois bouleversante, portée par une musique de Nick Cave douce et calme qui accompagne nos deux protagonistes sur cette route sans fin qui n'existe que pour explorer ce qu'ils ont au fond d'eux.



The Journey - OST
Memory - OST

Le prix de la Loyauté

Film de Gavin O'Connor sorti en 2008, Le prix de la loyauté est un polar ayant pour têtes d'affiches Colin Farrell, Edward Norton, Noah Emmerich et Jon Voight.
Le thème y étant abordé est celui maintes fois utilisé de la corruption policière, mais ici elle est traitée de manière peut-être plus originale et du coup plus dramatique.




Synopsis

Chez les Tierney, on est flic de père en fils. Ainsi Francis Sr et ses deux fils, Francis Jr et Ray, travaillent tous les trois au NYPD. Même la fille du patriarche a épousé un flic, Jimmy Egan, qui partage avec les deux fils Tierney un lien presque fraternel.

Une nuit, lors d'une descente policière, quatre flics du commissariat dirigé par Francis Jr sont abattus. L'affaire bouleverse toute la police et une cellule d'enquête est mise en place pour résoudre l'affaire le plus vite possible. Francis Sr demande à son jeune fils, Ray, de la diriger. Depuis quelques années, Ray a abandonné le terrain suite à une enquête ayant mal tournée et préfère travailler dans un bureau. Sous la pression paternelle, il finit par accepter.
Rapidement il va se rendre compte que les policiers sont tombés dans un guet-apens, que cette histoire est intimement liée avec les trafiquants de drogue latino-américains et que certains membres de la police sont loin d'être au-dessus de tous soupçons.
Partagé entre son désir de rester intègre et de préserver sa famille, Ray devra faire ses choix, quitte à payer le prix de la loyauté.


Analyse

Gavin O'Connor nous offre un très bon policier servi par un casting de choix. Le scénario ne sombre pas dans la complexité facile, mais reste bien traité et justement mené. L'histoire en elle-même est très sombre. Déjà par son thème principal, qui est la corruption policière et qui bien souvent peut laisser un goût amer, mais également parce que cette affaire de corruption concerne une famille de policiers, très liés, et qu'elle risque de détruire les liens qui unissent les uns et les autres.
Chacun doit faire ses propre choix, quitte à en payer les conséquences.

Le jeu des acteurs retranscrit très bien cela, et une fois de plus, Edward Norton nous livre une très bonne performance, avec un personnage tiraillé entre son désir de faire son devoir de manière juste, mais qui subit également les pressions familiales pour préserver la police et la famille. On ressent son caractère plus effacé et plus fragile, malgré une forte détermination pour résoudre son enquête.
Colin Farrell est quant à lui pas mal bluffant dans son rôle. Son personnage va trop loin, mais il est prisonnier d'un cercle vicieux qui fait qu'il n'a pas le choix. Il doit prendre des décisions difficiles et injustes pour préserver sa vie de famille avec sa femme et ses enfants, quitte à passer pour un salaud. C'est sans doute le personnage le plus compliqué du film et on ressent très bien que son angoisse grandit au fur et à mesure.
La scène finale en est une excellente conclusion d'ailleurs, où sa peur est presque palpable. Son jeu est vraiment bon.
Dans les rôle plus secondaires, nous avons Jon Voight en patriarche qui cherche à tout prix à préserver l'image de la police et celles de ses fils, ainsi que Noah Emmerich en commandant au caractère fort et marqué qui doit choisir entre sa réputation et son sens du devoir.


Le scénario est donc très bien mené, suivant une trame davantage linéaire. On suit simplement le déroulement de l'enquête et l'évolution de la situation ainsi que celle des personnages. On évite donc de s'enfoncer dans une histoire complexe et dans une enquête qui part dans tous les sens, et ce n'est pas plus mal.
Ici la corruption s'enchevêtre avec les liens qui unissent les Tierney pour donner un résultat très intéressant. Les choix de chacun ne se font pas sans conséquences, et rapidement on se rend compte que ses conséquences vont faire perdre les pédales à certains personnages.
Afin de se préserver, les liens de familles sont mis à mal, et finalement personne ne sortira vraiment indemne de tout cela. Les choses vont de plus en plus loin au lieu de se tasser, et la situation finit par exploser dans une très bonne scène finale.


Pour conclure, Le prix de la loyauté est un très bon policier et même si ce n'est pas mon genre de prédilection, ça fait un moment que je n'avais pas passé un aussi bon moment devant un polar. On ne s'ennuie pas, les acteurs sont très bons, et le déroulement de l'histoire suffisamment bien traité et original pour ne pas avoir l'impression de garder un arrière-gout de déjà-vu.
Il n'y a pas vraiment de bons ou de mauvais ici, simplement des bons ou mauvais choix, des erreurs et leurs conséquences.
Je le conseille à tous les amateurs du genre, et aux autres qui souhaitent passer un bon moment devant un film sympa.


Divers : - Le film était en projet depuis presque dix ans, mais les attentats du 11 septembre 2001 ont retardé sa réalisation. En effet il était malvenu de faire un film parlant de corruption au sein du NYPD alors que plusieurs policiers étaient morts sous les décombres, et que par la suite, la police de NY était élevée au rang de héros.
Plusieurs années plus tard, le film voit heureusement le jour avec un casting complètement différent.

- Le titre du film en version française est facilement compréhensible. Quant au titre original, il fait sans doute référence à ce que dit l'un des ripous durant une confession (du moins c'est ce qu'il m'a semblé, à chacun de juger.)





OST - End Credits